5.08.2007

Des ambassadeurs culturels de l'Acadie

Un petit texte signé de ma plume est paru dans l'Acadie Nouvelle du 28 avril dernier en prévision des États généraux. Je viens de voir que l'intégral est réservé aux abonnés du journal, alors je le reproduis ici.

Il est trois heures du matin. Dominique Dupuis, Rémi Arsenault, Steve LeBlanc, Fayo et Théo Brideau rangent leurs instruments après une longue journée de travail sous la chaleur intense des projecteurs. En coulisses, la gang de Vishtèn chante quelques morceaux avec Roland Gauvin et échange quelques histoires avant de rentrer. Le soleil se lèvera dans quelques heures, et pourtant, sur une scène improvisée, Joseph Edgar, Suzanne Léger et Marie-Jo Thério se livrent en musique à une foule qui, sous ses pieds dansants, génère un nuage épais de poussière.

C’est l’été, en pleine canicule, et je porte pendant deux semaines mon chapeau d’ethnographe. Plus précisément, j’observe les conditions de travail de l’artiste acadien qui, par son métier, est amené à traverser tout un océan pour se livrer en spectacle à l’étranger – en l’occurrence, dans deux festivals en France (le Festival interceltique de Lorient, en Bretagne, et les Déferlantes francophones de Capbreton, tout près de la frontière espagnole). L’expérience est révélatrice : je croise tous les jours des êtres généreux, passionnés, qui vivent pour leur métier et qui passent leur temps sur scène à parler d’un sujet qui leur est cher : l’Acadie. Soir après soir, ces artistes de chez nous décrivent nos paysage, notre langue, notre folklore, nos préoccupations. Et leur passion, si palpable sur scène, est contagieuse : nombreux sont les spectateurs qui veulent désormais découvrir à tout prix ce mystérieux coin de pays qui suscite tant d’émotion chez ces artistes qui savent déplacer une foule.

La présence de ces artistes acadiens sur la scène européenne ne date pas d’hier. Grâce entre autres aux efforts de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale, une initiative de la SNA, toute une série d’artistes sont invités depuis plusieurs années à se livrer en spectacle à l’étranger. Aux Déferlantes francophones, la présence d’artistes acadiens remonte à 1997; au Festival interceltique, le pavillon de l’Acadie est un principal lieu de fête depuis 2004. Et dans tous ces lieux, nos artistes sont attendus. Vous conviendrez que le choc culturel est inévitable quand on entend pour la première fois une foule française entamer en chœur le refrain d’une chanson de Fayo.

En rentrant chez moi après ces deux semaines intenses d’échanges, d’entretiens et de nuits blanches, je me demande comment se vit le retour pour ces artistes qui, quelques semaines par année, sont de véritables ambassadeurs culturels de l’Acadie. « C’est difficile », m’a confié l’un d’eux. On rentre chez soi épuisés après avoir s’être livrés à fond, et souvent, peu de gens sont conscients du rôle que l’on a joué.


Peut-être est-ce un peu ma responsabilité, à titre de témoin, de vous dire l’énergie et le temps que consacrent ces musiciens à la promotion de notre coin de pays. En tout cas, si vous les croisez bientôt, au marché ou sur la scène, prenez le temps de les remercier de leurs efforts. Dans bien des cas, c’est à travers leur art qu’une multitude de gens connaissent désormais l’Acadie et la portent dans leur cœur.

2 commentaires:

  1. Ah oui, les Etats-Généraux, Roland Gauvin en a généreusement parlé lors des Nuits Acadiennes à Paris.

    RépondreEffacer
  2. Alors laisse pas un commentaire sur le billet qui concerne les Déferlantes Francophones de Capbreton !!!
    Faut l'excuser. Il est troublé par notre nouveau président...

    RépondreEffacer