7.24.2007
Pendant ce temps, de l'autre côté de la flaque...
C'est à peine si nos avions ne se sont pas croisés sur l'Atlantique, car toute une délégation d'artistes de chez nous avait rendez-vous à Capbreton très peu de temps après ma rentrée pour la 10e édition des magnifiques Déferlantes francophones. Fayo, Dominique Dupuis, Pascal Lejeune, Roland Gauvin, Vishtèn, Ryan Leblanc et Dano Leblanc (Acadieman) se sont joints pour l'occasion à une impressionnante brochette d'artistes franco-canadiens du Québec et d'ailleurs pour faire entendre la musique de chez-nous à des oreilles attentives. J'ose croire que Dame Pieuvre et son équipe saura nous pardonner de leur avoir envoyé Anne Godin cette année (!). En tout cas, j'espère qu'ils n'en auront pas trop souffert et qu'ils en auront profité, malgré la pluie, pour bien fêter. En tout cas, les photos de leur blogue en donnent bien l'impression! Quant à moi, j'espère pouvoir un jour présenter à Bédaine les vertues de l'arrière-scène et des vagues masseuses de Capbreton...
Et si mes calculs sont bons, la joyeuse bande que forme la délégation de la SPAASI doit bientôt prendre le cap pour Lorient, Festival interceltique oblige... Mais vraiment, quel été pour eux!
5.08.2007
Des ambassadeurs culturels de l'Acadie
Il est trois heures du matin. Dominique Dupuis, Rémi Arsenault, Steve LeBlanc, Fayo et Théo Brideau rangent leurs instruments après une longue journée de travail sous la chaleur intense des projecteurs. En coulisses, la gang de Vishtèn chante quelques morceaux avec Roland Gauvin et échange quelques histoires avant de rentrer. Le soleil se lèvera dans quelques heures, et pourtant, sur une scène improvisée, Joseph Edgar, Suzanne Léger et Marie-Jo Thério se livrent en musique à une foule qui, sous ses pieds dansants, génère un nuage épais de poussière.
C’est l’été, en pleine canicule, et je porte pendant deux semaines mon chapeau d’ethnographe. Plus précisément, j’observe les conditions de travail de l’artiste acadien qui, par son métier, est amené à traverser tout un océan pour se livrer en spectacle à l’étranger – en l’occurrence, dans deux festivals en France (le Festival interceltique de Lorient, en Bretagne, et les Déferlantes francophones de Capbreton, tout près de la frontière espagnole). L’expérience est révélatrice : je croise tous les jours des êtres généreux, passionnés, qui vivent pour leur métier et qui passent leur temps sur scène à parler d’un sujet qui leur est cher : l’Acadie. Soir après soir, ces artistes de chez nous décrivent nos paysage, notre langue, notre folklore, nos préoccupations. Et leur passion, si palpable sur scène, est contagieuse : nombreux sont les spectateurs qui veulent désormais découvrir à tout prix ce mystérieux coin de pays qui suscite tant d’émotion chez ces artistes qui savent déplacer une foule.
La présence de ces artistes acadiens sur la scène européenne ne date pas d’hier. Grâce entre autres aux efforts de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale, une initiative de la SNA, toute une série d’artistes sont invités depuis plusieurs années à se livrer en spectacle à l’étranger. Aux Déferlantes francophones, la présence d’artistes acadiens remonte à 1997; au Festival interceltique, le pavillon de l’Acadie est un principal lieu de fête depuis 2004. Et dans tous ces lieux, nos artistes sont attendus. Vous conviendrez que le choc culturel est inévitable quand on entend pour la première fois une foule française entamer en chœur le refrain d’une chanson de Fayo.
En rentrant chez moi après ces deux semaines intenses d’échanges, d’entretiens et de nuits blanches, je me demande comment se vit le retour pour ces artistes qui, quelques semaines par année, sont de véritables ambassadeurs culturels de l’Acadie. « C’est difficile », m’a confié l’un d’eux. On rentre chez soi épuisés après avoir s’être livrés à fond, et souvent, peu de gens sont conscients du rôle que l’on a joué.
Peut-être est-ce un peu ma responsabilité, à titre de témoin, de vous dire l’énergie et le temps que consacrent ces musiciens à la promotion de notre coin de pays. En tout cas, si vous les croisez bientôt, au marché ou sur la scène, prenez le temps de les remercier de leurs efforts. Dans bien des cas, c’est à travers leur art qu’une multitude de gens connaissent désormais l’Acadie et la portent dans leur cœur.
8.10.2006
Coup de coeur aux Déferlantes : Damien Robitaille
À mes lecteurs, si lecteurs il y a dans les méandres internesques de ce monde virtuel qui m'échappe, j'ai un cadeau pour vous. C'est un clip vidéo d'un coup de coeur que j'ai eu aux Déferlantes francophones, le toujours charmant Damien Robitaille qui chante Le Robot. Le clip, gracieuseté de YouTube (www.youtube.com), a été capturé par CaptReynolds, un ancien camarade de classe de Damien.
Et ce joli Damien, de Lafontaine soit dit en passant - eh oui, là où on célèbre le Festival du Loup -, vous pouvez l'écouter ici. Ah, ça chatouille les oreilles!
8.01.2006
Capbreton - Dax - Bordeaux - Lorient
Le jour du départ, donc, s'est entamé en vitesse. Au lit encore toute habillée après une nuit à avoir trop fêté, j'ai loupé mon réveil prévu pour 6h45 et ratté du même coup la navette qui partait à 7h15 pour ramener la délégation acadienne à Dax -- mes yeux se sont ouverts à 7h36 très exactement. Après une course démente, un coup de fil bien placé, une descente en cavale avec ma valise BEAUCOUP trop volumineuse, j'ai vu qu'un ange gardien veillait sur moi : la navette n'avait pas encore quitté Capbreton et passerait me chercher. J'ai eu la plus grande honte en montant à bord sous les applaudissements des gens qui découvraient à quel point la chercheure pouvait être *sérieuse* dans son travail...
De mon état, ce matin-là, cette photo communique l'essentiel :

Avec deux heures de sommeil dans le corps et l'équivalent de dix kilomètres carrés de fumée dans mes poumons, le trajet entre Dax et Bordeaux aurait dû être passé sous des paupières scellées. Or j'ai plutôt écrit, beaucoup écrit : l'heure était aux bilans puisque j'allais filer d'un festival à un autre, et je voulais pouvoir distinguer les deux expériences.
À Bordeaux, une agréable surprise m'attendait : pour trois euros, j'allais pouvoir prendre une douche à la gare. Un jet d'eau a rarement été si apprécié qu'à ce moment-là!
7.29.2006
Les Déferlantes en images : scènes nocturnes

Les belles photos claires de nos amis musiciens (soit les trois dernières, de 1) Joseph Edgar et Marie-Jo Thério; 2) Suzanne Léger, Joseph Edgar et Damien Robitaille; et 3) Mes Aïeux et Yann Perreault) ont été prises par Albert Weber, journaliste chez Chorus. Vous trouverez ces photos, avec d'autres, sur le blog de l'équipe des Déferlantes francophones à www.lesdeferlantes2006.blogspot.com. Allez y jeter un coup d'oeil, vous ne serez pas déçus!
Prochain arrêt : Les Déferlantes francophones
C’est dans cet esprit et ce contexte que j’arrivais à Dax sur le TGV de 19h15 le 25 juillet. Le directeur des Déferlantes francophones m’y avait donné rendez-vous par courriel en me disant que je pouvais prendre la navette avec la délégation acadienne pour Capbreton, à quarante minutes au sud de Dax, où se déroulerait la neuvième édition de son festival. Une fois passées les premières formalités, on a voulu en savoir un peu plus sur la personne que je suis, et tout l’entourage a su peu à peu que je prépare une thèse de doctorat sur la circulation des artistes acadiens dans les réseaux de diffusion du spectacle francophones (l'enthousiasme avec lequel sera accueillie la nouvelle de ce projet ne cessera pas de m'étonner tout au long de mon séjour). Ce renseignement apporté, la discussion s’est poursuivie comme si rien n’était (à mon grand soulagement), à cette différence près qu’elle se déroulait désormais sur un registre plus familier.
Arrivé sur Capbreton, la navette a fait un détour pour nous montrer la mer – avant-goût des séances de baignade qui suivraient – puis nous a amenés au Lycée, où j’allais loger avec les artistes. Au fond du couloir, j’établissais un lieu de résidence provisoire derrière une porte sur laquelle on pouvait lire « Sonya Malamerta » (j’ai rayé le « merta » au stylo et l’ai remplacé par les lettres qu’il faut). Le temps de poser mes valises et m’essuyer le front puisqu’il régnait sur la France une chaleur infernale, j’ai filé avec tout le monde à un souper de réception à la Pergola, un restaurant du coin où allaient se dérouler tous les repas du midi. Autour d’une bouteille de vin rouge sans fond, la soirée a été passée en compagnie de Gab, Mario, Marc, Suzanne, Steve et Rémi, ces gens qui m’entouraient à la table.
Le reste de la semaine - je vous épargne tous les détails - a été consacré à mille et une discussions avec des gens généreux, attentionnés, sensibles. Mes journées de travail s'entamaient typiquement vers 13h, quand je filais après une grasse matinée pour la Pergola dîner et faire quelques entretiens. Vers 15h, je filais invariablement pour la mer en attendant le premier spectacle de la journée, en bord de mer justement, à 17h30. Suivait une autre séance de baignade, suivi du souper/cauchemar de végétarienne à 19h30 (la pauvre serveuse me connaissait bien à la fin de la semaine et me filait de la baguette pour que je puisse m'improviser des sandwichs pendant que les autres mangeaient du coeur de canard, des ailes de poulet ou du poisson). Le spectacle suivant commençait vers 21h dans la salle tout à côté de l'espace où nous soupions, puis à minuit trente, c'est le gros JAM (ou boeuf comme disent les Français, quelqu'un peut me dire pourquoi?). Moi qui suis d'ordinaire si *sage*, j'ai vu maints levers de soleil à Capbreton, j'ai mangé des croissants tout frais sortis du four à l'ouverture de la boulangerie en passant me coucher.
Cette semaine passée à Capbreton à déferler parmi les artistes franco-canadiens m'a appris quelque chose de très précieux. Dans un milieu comme le mien, où les résultats priment, où les projets se succèdent, où la rentabilité est prisée, pour ne pas dire exigée, nous sommes peut-être plusieurs à avoir oublié l’importance de notre engagement sur le long terme en tant que chercheurs. Or j’ai l’impression, en faisant le bilan de ce premier séjour aux Déferlantes francophones, que c’est en multipliant les contacts, en prenant le temps de s’investir dans le quotidien des gens - non pas artificiellement mais pour vrai - , qu’on accède à de précieux éléments d’information qui peuvent nous permettre de saisir de précieuses informations qui donnent tout un sens aux situations qui retiennent notre attention. Ces quelques derniers jours, j’ai fêté, crié, ri, mangé avec les délégués et les artistes des Déferlantes. Jusqu’aux petites heures du matin, j’ai beaucoup échangé avec eux. Toujours sur un registre informel, nos discussions ont été des plus enrichissantes : pour moi, une fenêtre s’est ouverte sur leur monde (et peut-être pour eux aussi, c'est eux qui vous le diront). Leurs préoccupations professionnelles, leurs parcours, leurs projets d’avenir, peu à peu m’ont été dévoilées. Par pudeur, j’ai attendu quelques jours avant de sortir l’enregistreuse. Ma préoccupation première était de rencontrer les gens, tout simplement, savoir qui ils étaient et leur expliquer peu à peu les questions que je me pose comme chercheure. La stratégie a été bonne je crois : une fois l’enregistreuse partie, les échanges gardaient l’esprit de convivialité qui les habitaient aussi aux petites heures du matin. Parfois, l’enregistreuse est restée dans mon sac : en ces moments, on me répondait avec honnêteté des réponses parfois difficiles sur les rapports avec les partenaires français, les artistes québécois, les problèmes d’organisation et de subventions. Ces renseignements resteront toujours confidentielles, et auront ceci d’utile qu’ils me guideront, je crois, dans mes observations futures.







