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6.20.2007

Ce déplacement est rendu possible grâce aux gentils monsieurs de la SNCF qui aiment bien faire la cour aux femmes enceintes

C'est en des journées comme celle-ci que s'opère la magie du terrain.

Une bonne tête chercheuse, si bonne tête chercheuse il y a véritablement, doit toujours rester sensible aux concours de circonstances. Et laissez-moi vous dire que mes antennes, aujourd'hui, ont vibré -- et pour cause! Les fidèles lecteurs de ce blogue auront retenu que j'ai pris un TGV pour Lille aujourd'hui. Alors... Figurez-vous qu'en déambulant dans la grande place, à la recherche d'une glace (c'est pour mieux nourrir le bedon de Bédaine!), j'ai croisé ceci :



Cette façade peut vous sembler assez banale, mais moi elle m'a fait faire une petite danse de joie. Car imaginez-vous que je cherche depuis des lunes à établir un contact avec le Théâtre du Nord -- c'est une histoire de recherche, une curiosité à satisfaire sur les circonstances et les expériences d'une coproduction entre cette compagnie et d'autres, au Canada français (d'ailleurs, le TN donnera cette année une production de Forêts, un texte de Wajdi Mouawad, en coproduction avec une compagnie québécoise).

Une fois l'émotion passée, je suis entrée voir ce que pouvait me réserver le destin. Et paf! C'était vraiment ma journée! Non seulement ai-je pu me présenter, mais le directeur artistique était présent sur les lieux. Non mais... faut pas être chanceuse un peu? Je lui ai filé ma carte, lui ai touché deux mots sur mon projet, ai tenté de susciter chez lui un peu d'intérêt. Maintenant, il faudra attendre pour savoir si j'ai réussi à semer la graine qui me permettra d'entrer en conversation avec lui!

Le prochain arrêt programmé à Lille, après la glace, nécessitait un petit tour en métro jusqu'à Roubaix. Là-bas, c'est Stéphane qui nous attendait à La Condition publique. Tenez, les lieux sont tellement beaux qu'il faut absolument que vous voyiez quelques photos.





Entreprise de revitalisation culturelle, la Condition publique est une opération des plus impressionnantes. Avec une salle de spectacles pouvant accueillir jusqu'à 800 personnes, deux aires d'exposition, des salles de réunion, des bureaux mis à la disposition de jeunes entreprises à vocation culturelle, un resto-bar et un jardin urbain, la CP est une véritable ruche artistique dont le potentiel énorme est déjà mis en valeur par une équipe des plus dynamiques. Tout ça dans une ancienne fabrique de laine! Et que dire de la programmation? À mon avis, elle a vraiment de quoi motiver les gens à prendre la route pour le Nord. On y prépare entre autres, pour octobre, un festival de musique néo-brunswickoise dont j'ai très hâte d'entendre la suite.

Pour l'instant, vous aurez deviné que je suis ravie de mon crochet au Pas de Calais, mais crevée comme vous ne pouvez pas vous imaginer... Allez, un p'tit dodo avant ma dernière journée sur Paris. Demain soir, c'est un autre départ qui nous attend!

5.04.2007

Quand on me bout, je rougis

Quand on mange du homard, en Acadie, on en mange pour vrai : bavettes en plastique, pince rouge, tout est orné d’une image de la victime à être dévorée. Ce crustacée-ci, on l’a baptisé Évangéline Deusse.

Voyez comme mes compatriotes dévorent avec appétit.

J’ai dû retenir un fou rire quand la serveuse m’a informé que comme option végétarienne, la cuisine offrait du bœuf. Elle m’a enfin apporté une salade que voici :


Bon, passons les diatribes végétariennes…

11.19.2006

Un autre espace à découvrir


Lui, c'est le fondateur de la Sopref. Expert-conseil, animateur de formations destinées à la relève musicale, sensible aux enjeux que présentent le téléchargement pour l'industrie de la musique, il s'appelle Jean-Robert Bisaillon. Vous pouvez lire ici quelques-unes de ses réflexions sur la musique francophone hors-Québec dont il découvrait la vitalité lors de son passage à Moncton pendant la FrancoFête. Vous pourrez suivre ses réflexions dans la rubrique édito de Bande à part. Quant à moi, j'espère avoir l'occasion de m'entretenir de nouveau avec lui dans un avenir rapproché!

11.14.2006

Et les honneurs reviennent à...

Chaque année, les diffuseurs qui participent à la FrancoFête vivent plein de coups de coeur. Une fois les premières émotions passées, ils s'organisent entre eux pour appuyer des artistes qu'ils inviteront à se présenter sur scène chez eux au courant de l'année. C'est l'une des plus grandes retombées de l'événement : des artistes francophones qui sillonnent leur pays. Les plus chanceux se font découvrir par des délégués internationaux et sont invités en Suisse, en France, en Belgique, en Italie...

Le prix Acadie-Rideau, le prix du Réseau Ontario, le prix RADARTS-ROSEQ, le prix Coup de coeur du Festival de la chanson de Granby, ce sont des moyens qui permettent aux diffuseurs d'appuyer des artistes qu'ils ont envie de découvrir chez eux. Comme les échanges sont à double battants, les diffuseurs d'Acadie accueillent eux aussi des artistes du Québec et de l'Ouest canadien. Les coups de coeur à eux, nous les avons découvert jeudi dernier à la Soirée Alliances.

Cette année, donc, c'est le bluesman JP LeBlanc qui ira enchanter le public franco-ontarien à Contact ontarois en janvier. Il se présentera également en vitrine à la Bourse Rideau de Québec en février.



Les diffuseurs du Réseau des organisateurs de spectacle de l'Est du Québec (ROSEQ), quant à eux, ont beaucoup apprécié le multi-instrumentiste Ryan LeBlanc. Celui-là traînera sa guitare, son banjo, sa caisse percussive et son harmonica jusqu'à Rimouski en octobre prochain.


Quant aux représentants du Réseau des Grands Espaces, ils ont décidé de prêter leur appui à Dominique Dupuis, qui a très hâte de découvrir l'ouest canadien lors du tout premier Contact Alberta en mars.



Le dernier échange, mais non pas le moindre, se produit avec le Festival de la chanson de Granby. En septembre prochain, Fayo se produira là-bas comme artiste invité. Pas pire comme vitrine quand même!



* * *

Moi, j'aurais bien aimé qu'on crée dans le cadre de ces échanges-là une bourse d'appui à la recherche sur... ché pas... la circulation des artistes acadiens dans les réseaux de diffusion du spectacle? L'année prochaine peut-être? Je connais justement une candidate toute désignée :


Hem hem...

11.13.2006

Plus de mystère

Que font les délégués de leurs soirées pendant la FrancoFête? J'ai cherché longtemps, et je pense enfin avoir trouvé.

Ils attendent qu'on les prenne en photo avec des personnes importantes.

La preuve :


(Sur les photos : Albert Weber avec Solange Campagne; Albert avec Marc Chouinard, gérant du Capitol; Marie-Renée Duguay avec François Émond, le gérant de Fayo)

Quelqu'un a perdu ses lunettes?

Psst... Albert!

Photo : Albert Weber, justement

8.06.2006

Le Festival interceltique de Lorient : en Acadie, un silence qui m'étonne

Après avoir vécu en personne l'expérience du Festival interceltique, que je ne peux qualifier autrement qu'intense, j'ai été étonnée de voir qu'on a à peine fait état de l'événement en Acadie. J'aurais dû me douter que ce serait le cas, aucun journaliste canadien à l'horizon à Lorient.

Pourquoi ma surprise? Vu de là-bas, le succès de la présence acadienne au FIL est incontestable : la foule est dense, intense, on à peine à faire sortir les gens à 2h30. Les gens se tassaient dans la rue à force qu'ils étaient nombreux à vouloir entendre nos artistes et danser sur leur musique.


Heureusement, les médias lorientais n'ont pas hésité à reconnaître et souligner l'apport de l'Acadie cette année :
http://www.letelegramme.com/gratuit/dossier/FIL/art_567725.php
J'en suis à me demander quelle responsabilité je peux bien avoir quand il s'agit d'informer les gens de chez nous.


En passant, saviez-vous que Fayo a lancé son tout dernier album à Lorient cette année? Eh oui! Le tout premier exemplaire d'Accent aigu a été tiré dans la foule le jeudi soir 3 août. Fayo, chus fière de toi man!

8.01.2006

Capbreton - Dax - Bordeaux - Lorient

En voyage, il y a de ces journées qui sont très longues. C'était le cas pour moi le 30 juillet, jour où j'ai quitté Capbreton et ses Déferlantes pour filer la côte atlantique jusqu'à Lorient, la dernière destination de ce tour de France improvisé.

Le jour du départ, donc, s'est entamé en vitesse. Au lit encore toute habillée après une nuit à avoir trop fêté, j'ai loupé mon réveil prévu pour 6h45 et ratté du même coup la navette qui partait à 7h15 pour ramener la délégation acadienne à Dax -- mes yeux se sont ouverts à 7h36 très exactement. Après une course démente, un coup de fil bien placé, une descente en cavale avec ma valise BEAUCOUP trop volumineuse, j'ai vu qu'un ange gardien veillait sur moi : la navette n'avait pas encore quitté Capbreton et passerait me chercher. J'ai eu la plus grande honte en montant à bord sous les applaudissements des gens qui découvraient à quel point la chercheure pouvait être *sérieuse* dans son travail...

De mon état, ce matin-là, cette photo communique l'essentiel :

Avec deux heures de sommeil dans le corps et l'équivalent de dix kilomètres carrés de fumée dans mes poumons, le trajet entre Dax et Bordeaux aurait dû être passé sous des paupières scellées. Or j'ai plutôt écrit, beaucoup écrit : l'heure était aux bilans puisque j'allais filer d'un festival à un autre, et je voulais pouvoir distinguer les deux expériences.

À Bordeaux, une agréable surprise m'attendait : pour trois euros, j'allais pouvoir prendre une douche à la gare. Un jet d'eau a rarement été si apprécié qu'à ce moment-là!

7.29.2006

Les Déferlantes en images : scènes nocturnes

C'est ici que ça fêtait, jusqu'aux petites heures du matin :

Les belles photos claires de nos amis musiciens (soit les trois dernières, de 1) Joseph Edgar et Marie-Jo Thério; 2) Suzanne Léger, Joseph Edgar et Damien Robitaille; et 3) Mes Aïeux et Yann Perreault) ont été prises par Albert Weber, journaliste chez Chorus. Vous trouverez ces photos, avec d'autres, sur le blog de l'équipe des Déferlantes francophones à www.lesdeferlantes2006.blogspot.com. Allez y jeter un coup d'oeil, vous ne serez pas déçus!

Les Déferlantes en images : le jour

La scène extérieure, en bord de plage bien sûr.


photo de Damien : YasminaKLM

Prochain arrêt : Les Déferlantes francophones

Des fois, le monde est vraiment très petit. J’étais installée depuis quelques minutes dans le bar du TGV 5221, et qui je voyais passer? Un écrivain de Moncton. Au départ, c’est Fayo que j’ai croisé sur le quai. Et depuis, toute une série de musiciens de Moncton et les environs, une gérante d'artistes, une représentante de la SNA. Il faut dire que le coup était prévu : j’avais rendez-vous avec la délégation acadienne à Dax, où j’allais prendre l’autobus en direction de Capbreton. Au programme, quelques jours d’observation participante aux Déferlantes francophones, où l’Acadie est présente depuis neuf ans déjà. Cette année, toute une brochette d’artistes franco-canadiens se sont succédés sur la scène : Marc Lemyre, Marcel Aymar, Damien Robitaille, Joseph Edgar, Marie-Jo Thério, Dobacaracol, Mes Aïeux, Thomas Hellman, d’autres trop nombreux pour les nommer tous. J'exagère à peine en disant que mon enregistreuse n'a pas dérougi de la semaine. Car avant même d'être spectatrice aux Déferlantes, je suis chercheure, et c'est en chercheure justement que j'étais présente sur l'événement. Ah, si tous les terrains de recherche pouvaient être si agréables!

C’est dans cet esprit et ce contexte que j’arrivais à Dax sur le TGV de 19h15 le 25 juillet. Le directeur des Déferlantes francophones m’y avait donné rendez-vous par courriel en me disant que je pouvais prendre la navette avec la délégation acadienne pour Capbreton, à quarante minutes au sud de Dax, où se déroulerait la neuvième édition de son festival. Une fois passées les premières formalités, on a voulu en savoir un peu plus sur la personne que je suis, et tout l’entourage a su peu à peu que je prépare une thèse de doctorat sur la circulation des artistes acadiens dans les réseaux de diffusion du spectacle francophones (l'enthousiasme avec lequel sera accueillie la nouvelle de ce projet ne cessera pas de m'étonner tout au long de mon séjour). Ce renseignement apporté, la discussion s’est poursuivie comme si rien n’était (à mon grand soulagement), à cette différence près qu’elle se déroulait désormais sur un registre plus familier.

Arrivé sur Capbreton, la navette a fait un détour pour nous montrer la mer – avant-goût des séances de baignade qui suivraient – puis nous a amenés au Lycée, où j’allais loger avec les artistes. Au fond du couloir, j’établissais un lieu de résidence provisoire derrière une porte sur laquelle on pouvait lire « Sonya Malamerta » (j’ai rayé le « merta » au stylo et l’ai remplacé par les lettres qu’il faut). Le temps de poser mes valises et m’essuyer le front puisqu’il régnait sur la France une chaleur infernale, j’ai filé avec tout le monde à un souper de réception à la Pergola, un restaurant du coin où allaient se dérouler tous les repas du midi. Autour d’une bouteille de vin rouge sans fond, la soirée a été passée en compagnie de Gab, Mario, Marc, Suzanne, Steve et Rémi, ces gens qui m’entouraient à la table.

Photo : Yasmina KLM

Le reste de la semaine - je vous épargne tous les détails - a été consacré à mille et une discussions avec des gens généreux, attentionnés, sensibles. Mes journées de travail s'entamaient typiquement vers 13h, quand je filais après une grasse matinée pour la Pergola dîner et faire quelques entretiens. Vers 15h, je filais invariablement pour la mer en attendant le premier spectacle de la journée, en bord de mer justement, à 17h30. Suivait une autre séance de baignade, suivi du souper/cauchemar de végétarienne à 19h30 (la pauvre serveuse me connaissait bien à la fin de la semaine et me filait de la baguette pour que je puisse m'improviser des sandwichs pendant que les autres mangeaient du coeur de canard, des ailes de poulet ou du poisson). Le spectacle suivant commençait vers 21h dans la salle tout à côté de l'espace où nous soupions, puis à minuit trente, c'est le gros JAM (ou boeuf comme disent les Français, quelqu'un peut me dire pourquoi?). Moi qui suis d'ordinaire si *sage*, j'ai vu maints levers de soleil à Capbreton, j'ai mangé des croissants tout frais sortis du four à l'ouverture de la boulangerie en passant me coucher.

Cette semaine passée à Capbreton à déferler parmi les artistes franco-canadiens m'a appris quelque chose de très précieux. Dans un milieu comme le mien, où les résultats priment, où les projets se succèdent, où la rentabilité est prisée, pour ne pas dire exigée, nous sommes peut-être plusieurs à avoir oublié l’importance de notre engagement sur le long terme en tant que chercheurs. Or j’ai l’impression, en faisant le bilan de ce premier séjour aux Déferlantes francophones, que c’est en multipliant les contacts, en prenant le temps de s’investir dans le quotidien des gens - non pas artificiellement mais pour vrai - , qu’on accède à de précieux éléments d’information qui peuvent nous permettre de saisir de précieuses informations qui donnent tout un sens aux situations qui retiennent notre attention. Ces quelques derniers jours, j’ai fêté, crié, ri, mangé avec les délégués et les artistes des Déferlantes. Jusqu’aux petites heures du matin, j’ai beaucoup échangé avec eux. Toujours sur un registre informel, nos discussions ont été des plus enrichissantes : pour moi, une fenêtre s’est ouverte sur leur monde (et peut-être pour eux aussi, c'est eux qui vous le diront). Leurs préoccupations professionnelles, leurs parcours, leurs projets d’avenir, peu à peu m’ont été dévoilées. Par pudeur, j’ai attendu quelques jours avant de sortir l’enregistreuse. Ma préoccupation première était de rencontrer les gens, tout simplement, savoir qui ils étaient et leur expliquer peu à peu les questions que je me pose comme chercheure. La stratégie a été bonne je crois : une fois l’enregistreuse partie, les échanges gardaient l’esprit de convivialité qui les habitaient aussi aux petites heures du matin. Parfois, l’enregistreuse est restée dans mon sac : en ces moments, on me répondait avec honnêteté des réponses parfois difficiles sur les rapports avec les partenaires français, les artistes québécois, les problèmes d’organisation et de subventions. Ces renseignements resteront toujours confidentielles, et auront ceci d’utile qu’ils me guideront, je crois, dans mes observations futures.

Capbreton plage

En marge du festival, j'ai fait de la plage. Et quelle plage! L'eau était salée, salée salée. On y flottait sans le moindre effort, les vagues déferlaient sans répit, l'eau qui nous submergeait brûlait les narines, la gorge, les yeux. J'étais aux petits oiseaux! M'y voici avec Mario dit Fayo.